Il n’y a pas de personnages...Pas d’histoire.
Ou alors celles, qui
préludent aux naissances ; des enfants, des œuvres, des guerres.
De l’espace, on dira que
c’est l’atelier du sculpteur ; encombré par ses outils, ses
visions, ses tentatives ;
tendu vers une forme qui rejoindrait les
plis de l’humanité,
rythmé par les gestes répétitifs que réclame
le travail de la terre :
la battre, la lisser, la tourner, la
soulever, la mouiller, la rebattre …
L’argile modelé visite tous les plis de l'humanité, garde
l’empreinte des savoirs archaïques, et creuse sa propre substance pour
ouvrir de nouvelles voies, explorer d’autres
champs/chants de la terre.
La pensée en marche du créateur, toute cuivrée de poussières rouges en
suspension, est relayée par des « visiteurs » de
l’atelier : futurs modèles, fantômes d’une œuvre oubliée, amis de
passage…
Ils se laissent contaminer et traduisent à leur tour leurs
sensations : l’un chante, l’autre capture des bribes dans son
filet numérique pour les faire danser, un troisième se met au piano….,
même si ce n’est pas forcément dans cet ordre-là.
Les parois se craquèlent, le Vrai, le Beau se déplacent, les codes s’effondrent, l’argile s’anime, un désordre menace …
L’atelier se laisse envahir ; comme la terre il est poreux, comme le monde il est multiple.
Le sculpteur creuse encore, troue les écrans, perce des fenêtres,
accueille les leurres et les cris d’enfants ; et toujours
travaille, travaille, travaille la matière où bruissent les questions.
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